Quel menu sattvique pour ce soir ?
Comment vous sentez-vous ce soir ?
De combien de temps disposez-vous pour cuisiner ?
Quel est votre niveau d'énergie ?
Quelle est votre préférence alimentaire ?
Temps de lecture estimé : 6 minutes
Points clés à retenir
- Cuisiner lentement, l’attention sur les gestes et les sens, apaise le mental.
- Le régime sattvique privilégie des plats légers, frais et faciles à digérer.
- Équilibrez les six saveurs : sucré, aigre, salé, piquant, amer, astringent.
- Le soir, optez pour une soupe douce, des céréales cuites et une tisane.
- Le végétarisme est une tradition du yoga, pas une obligation.
Pourquoi cuisiner devient un moment de relaxation proche du yoga
Cuisiner pour la relaxation, comme on pratique le yoga, demande une seule chose : porter toute votre attention sur ce que font vos mains. Éplucher, couper, remuer, sentir. Le mental cesse de ruminer parce qu’il a une tâche simple et concrète à suivre.
Après quinze ans de cuisine professionnelle, je sais que le même geste peut être une corvée ou une méditation. Tout tient à la vitesse et à l’intention.
La cuisine, prolongement de la pratique
Sur le tapis, on observe son souffle et ses sensations. Devant la planche à découper, on peut faire pareil : le bruit du couteau, l’odeur de l’oignon qui suit, la chaleur de la poêle. C’est de la présence, au même titre qu’une posture tenue.
Remercier mentalement les producteurs, le temps pris pour soi et ceux qui vont partager le plat suffit. Pas besoin d’une cérémonie.
Ahimsa et intention
Dans la tradition yogique, l’ahimsa, la non-violence, guide aussi l’assiette. Beaucoup de pratiquants en tirent un régime végétarien. C’est une tradition, pas une obligation : vous pouvez pratiquer le yoga et cuisiner autrement, en choisissant des produits de saison et en évitant le gaspillage.
Cuisine consciente ou cuisine pressée
Quand je cuisine vite, l’œil sur le téléphone, je finis fatigué. Quand je ralentis, même vingt minutes, je ressors plus calme. Le plat n’est pas meilleur par magie, mais l’esprit a eu sa pause.

Les principes de l’alimentation yogique pour favoriser le calme
Le régime sattvique
Le régime sattvique vise la clarté, le calme et la légèreté : légumes frais, céréales complètes, légumineuses, fruits, produits peu transformés. Il fait l’impasse sur les plats très gras, très épicés ou lourds. Je le prends comme une boussole, pas comme un règlement.
Les six saveurs
L’alimentation yogique cherche à équilibrer six saveurs : sucré, aigre, salé, piquant, amer et astringent. Un repas qui les réunit rassasie davantage et lasse moins le palais. Un peu de citron, une pincée de sel, une feuille amère, et l’assiette s’équilibre.
Légers le soir, lourds à éviter
Pour le soir, je privilégie ce qui se digère facilement :
- soupes et veloutés de légumes cuits ;
- riz, quinoa ou millet bien cuits ;
- lentilles corail, plus tendres que les autres légumineuses ;
- fruits cuits, compotes.
À l’inverse, les fritures, les grosses portions de fromage, les plats très épicés ou les boissons glacées alourdissent le sommeil, dans mon expérience. Sur la répartition des repas, aucune règle ne fait l’unanimité : certains font du déjeuner le repas principal, d’autres mangent un vrai dîner. Écoutez votre digestion.
Épices douces
Le curcuma, le cumin et le gingembre réchauffent les plats sans les agresser. Je les ajoute en début de cuisson, dans un peu d’huile, pour qu’ils libèrent leurs arômes. Je ne leur attribue aucun pouvoir de détox : ils donnent du goût et une sensation de confort, c’est déjà beaucoup.
Mettre en pratique la cuisine consciente, étape par étape
Préparer l’espace et le rythme
Avant d’allumer le feu, prenez deux minutes :
- rangez le plan de travail et sortez tous les ingrédients ;
- mettez le téléphone hors de portée ;
- lavez-vous les mains lentement, à l’eau tiède ;
- choisissez une musique douce ou le silence.
Gestes lents, respiration, sens
Prenez trois respirations profondes, expiration plus longue que l’inspiration. Puis coupez à un rythme que vous pourriez tenir une heure. Un geste lent reste précis, c’est un vieux principe de brigade.
Utilisez ensuite vos sens un à un : touchez la texture de la carotte, sentez le gingembre râpé, écoutez l’oignon frémir. Si l’esprit s’échappe, revenez à la sensation suivante, sans vous juger.
Déguster lentement
La séance ne s’arrête pas au fourneau. À table, posez la fourchette entre deux bouchées, mâchez davantage et goûtez les saveurs. Vingt minutes pour un bol de soupe, c’est un bon objectif.
Idées de recettes apaisantes à cuisiner chez soi
Les ouvrages de cuisine yoga structurent souvent leurs propositions par moments de la journée. Le livre numérique de yogaetmeditationparis.fr compte par exemple plus de 40 recettes, avec neuf assiettes équilibrées, trois soupes, trois petits déjeuners et trois repas rapides. Pas besoin d’autant pour commencer : une poignée de plats bien maîtrisés suffit.
Soupe douce carotte-gingembre-curcuma (2 personnes, 25 minutes)
- 4 carottes, 1 petit oignon, 1 cm de gingembre frais, ½ cuillère à café de curcuma, ½ de cumin, 1 cuillère à soupe d’huile d’olive, 50 cl d’eau, sel.
- Faites revenir l’oignon émincé et les épices 3 minutes à feu doux.
- Ajoutez les carottes en rondelles, le gingembre et l’eau, puis laissez cuire 15 minutes.
- Mixez, salez, rectifiez avec un trait de citron.
Cette soupe est naturellement vegan et sans gluten.
Petits déjeuners et repas rapides
Je mise sur un porridge à l’avoine cuit à l’eau ou au lait végétal, avec une pomme râpée et de la cannelle. Pour un repas rapide, un bol de riz, de légumes vapeur et de lentilles corail se prépare en vingt minutes.
Tisanes et boissons chaudes
Une tisane romarin-gingembre se prépare en infusant une branche de romarin et trois fines tranches de gingembre dans de l’eau chaude pendant dix minutes. Buvez-la à petites gorgées, les deux mains autour de la tasse.
Desserts légers
Une poire pochée à la cannelle ou une compote tiède sans sucre ajouté font très bien l’affaire. Les amateurs de tiramisu comme moi s’accorderont une exception, mais pas un soir de séance.
Cuisiner pour la relaxation selon le moment de la pratique
Avant une séance de yoga
Mangez léger, deux à trois heures avant : un fruit cuit, une petite portion de céréales, une soupe claire. Un estomac plein gêne les torsions et les inversions.
Après la séance
Le corps est détendu et l’appétit revient doucement. Une boisson chaude et un plat tiède, comme un bol de riz aux légumes, prolongent cet état de calme. Je prépare souvent la base à l’avance pour ne pas cuisiner dans la précipitation.
Un dîner léger pour le repos
Un menu type du soir : soupe carotte-gingembre, bol de riz complet avec courgettes sautées, poire pochée, tisane romarin-gingembre. Avec un dîner léger pris au moins deux heures avant le coucher, je dors mieux. C’est mon ressenti, pas une règle médicale.
Après le repas, chacun prolonge la soirée à sa façon, des étirements doux à quelques jeux de Casino Spinando .
Aller plus loin : ateliers de cuisine yogique et retraites
Si l’envie vous prend d’apprendre auprès de quelqu’un, des centres de yoga proposent des cours de cuisine végétarienne yogique, et des retraites associent pratique et cuisine ayurvédique, parfois dans de grands parcs comme les deux hectares du lieu Oranga. Programmes et tarifs changent à chaque saison, renseignez-vous directement auprès des organisateurs.
Quel que soit le format, demandez si les menus s’adaptent aux intolérances, au sans gluten ou au vegan. La plupart le font très bien. L’ayurvéda ne remplace jamais un avis médical.
Chez vous, ce soir, trois respirations, une soupe et un couteau bien aiguisé suffisent pour commencer à cuisiner dans un esprit de relaxation et de yoga.






